La Foi Guerrière

La Foi Guerrière

La Foi Guerrière est un livre écrit en Mortem an 124 par Gomrik Târag. Encore un jeune noble ambitieux de Queledryn, à l'époque il couche sur le papier, ses idées extrémistes, basées sur le Sézud Divin. Quand il est couronné en 126, il base toute sa doctrine politique et son parcours de roi sur cet ouvrage. Aujourd'hui ce livre est aussi important que le Sézud Divin.



Les dieux m’ont rendu visite dans mes rêves, ils m’ont dit que je devais sauver notre avenir maintenant que je suis roi. Il m’a dit que nous courrions à notre perte en essayant de marchander avec tous, dans une pacificité totale. Ils m’ont dit qu’il y a toujours un peuple supérieur même quand tous affirment qu’ils sont égaux. Pour que ce peuple soit invincible, il faudra se rallier à la genèse de notre création, j’aimerais vous rappeler un passage du Sézud Divin :
« Sous Gunvardhal, Toerin façonna l’Homme à partir de poudre de roche et d’eau pure. Avec cette pâte il modela une créature qui lui ressemblait en tout point. Il se servit d’un de ces longs cheveux pour lui donner un squelette. Pour que sa créature soit toujours pure, intelligente et clairvoyante, il remplit sa tête d’un diamant bleu qui devient le siège de la vie. Enfin pour donner vie à sa création, il se tailla le doigt et déposa une goutte de son sang divin sur la tête de chaque homme.
Seulement une fois vivante il ne pouvait plus modifier sa créature, et il avait oublié de la pourvoir de griffes et de crocs. C’était un être intelligent mais faible. Toerin fit donc jurer à tous les éléments de la nature de ne jamais lui nuire, de ne jamais nuire à l’Homme. Le feu prêta serment, l’eau, le fer et les pierres aussi, rien ne pouvait blesser le fils préféré de Toerin : Azaghâl. Alors pour s’en assurer, Toerin lui envoya des pierres de flèches, des torrents, il lui donna des coups d’épée, de lance, de masse mais il semble que rien n’affectait Azaghâl.
Même Avil Vegolt, dieu des dieux ne put rompre le serment que les éléments avaient fait à Toerin. Alors il réfléchit, comment blesser les queledrains si pas même lui ne le pouvait. Il s’en remit à la chose la plus aléatoire de toutes : l’amour. Si le sang d’Azaghâl se détériorait alors il deviendrait faible et les éléments de la nature ne lui prêteraient plus allégeance. Avil Vegolt savait que ce plan prendrait du temps, mais il fonctionnera à coup sûr. Alors il mit dans chacun des peuples qui vivaient hors de la mine un poison qui détériora leur sang ».
Seulement il ne s’attendait pas à ce que moi, Gomrik Târag, comprendrais son plan, et le déjouerai en le perçant à jour. Les autres peuples sont des êtres faibles, corrompus par le poison. Ils ne sont que des groupes chétifs, rassemblés autour de leurs chefs comme des mouches suivant la viande putride. Il ne faut pas les accueillir, les laisser gangrener notre sang si pur, le sang de Toerin, le sang d’Azaghâl. Ils ne sont que boue sur notre botte de guerrier.

Cela fait maintenant trop longtemps que ses peuples vivent prospères dans leurs villes minables, créent des familles nombreuses qui mettent en danger notre vie et notre avenir. Il faut un régulateur, ils croient en de faux dieux, nous devons rétablir la seule vérité divine, celle d’Avil Vegolt. Nous devons protéger nos enfants de leur perte, le seul moyen de détruire cette menace est par le fer et la lance.
C’est le moment propice à notre grande avancée, les dieux sont favorables à notre domination totale. Nous savons tous que nous sommes la création de Toerin et que pour cela il fut chassé un temps des dieux. Mais ce qu’on nous dit moins est que les cinq autres dieux vénérèrent Toerin pour cela, c’était le seul qui avait osé créer sa créature, sans la direction d’Avil Vegolt. Le seul qui avait défié son autorité pour créer la plus belle des espèces. Mais si les dieux aiment Toerin pour cela alors ils l’aiment pour nous, nous sommes l’objet de leur désir, peut-être une certaine jalousie. Alors il ne faut pas craindre les dieux, ils sont de notre côté. A l’image de Toerin, nous devons créer et recréer notre monde, sans faille, sans corruption et à ce moment là nous serons en paix.

Notre doctrine écarte l'idée démocratique. Il ne doit pas y avoir de décisions prises à la majorité. La décision sera prise par un seul homme qui possédera seul l'autorité et le droit de commander. Et cette personne sera moi. Nous avons enfin vu la fragilité de la dynastie des Gundusbad, cette famille consanguine a montré sa limite : toujours la montagne nous a protégé, mais il a suffi de deux rois faibles pour corrompre notre sang pur à jamais. Je ne serais pas ce roi, je serai le roi du futur, de notre futur prospère.
Je serai intouchable, n’importe qui peut m’atteindre mais aucun ne pourra me tuer. Preuve encore que les Gundusbad étaient des rois faibles, une flèche aura suffi à essouffler une dynastie entière. Le roi de Queledryn sera la personne la plus importante de toutes, à l’image du grand Azaghâl, je serais le premier roi qui reconnectera notre vie à Toerin, je serai son premier fils de la nouvelle ère de Queledryn. Nul ne me touchera, nul ne me contredira, pas même la Grande Mîm-Mahal qui sera à mon entière écoute. En tant que tête de tout, j’assurerai notre futur, et votre sécurité, en échange vous me devrez une servitude totale.
Dans le cas contraire, vous serez exécutés, et Toerin ne vous conduira pas au banquet de la montagne d’or. Vous errerez devant ses portes jusqu'à la fin des temps. Enfin si l’idée venait à certain d’attenter à ma vie, alors une mort particulière leur serait réservée.
La seule manière de sauver notre monde est la bataille, la seule vraie foi est la foi guerrière. Si toutefois un peuple accepte mon autorité, alors ils seront les peuples les moins gangrenés. Ce sont des êtres qui ne doivent pas mourir sous notre écrasante armée mais par le temps. Il faut toutefois empêcher l’expansion de leurs familles, il faut leur empêcher la procréation jusqu'à ce qu’ils entendent raison. Il faut pour cela leur faire voir et accepter Toerin, seulement à ce moment-là ils pourront procréer de nouveau. Dans chaque village conquis, dans chaque famille asservie, Toerin doit en devenir le centre, il va falloir faire construire des temples pour qu’ils se soumettent au vrai Dieu.
Si vous mourrez par la lance et le fer, vous irez au Grand Banquet, pour festoyer l’éternité. Si vous ne mourrez pas l’épée à la main, alors vous serez bloqué à ses portes, à moins que votre vie fut tellement couronnée de succès qu’elle surpassera votre mort indigne. N’ayez en aucun cas peur de la mort, n’ayez peur que de moi, et pas des païens qui se tiennent devant nous. Vous ne pouvez mourir, ou alors c’est que votre sang a été corrompu et alors vous servirez une cause plus grande encore en me donnant votre vie.

Une fois ces quelques lignes écrites, les dieux me sont réapparus dans mon sommeil. J’ai vu Toerin, sous un long manteau, marchand dans la neige, sa légendaire pioche à la ceinture. Dans sa main droite il tenait une pièce en or, avec ma tête frappée dessus. Dans sa main gauche il tenait un blé qui flottait sur la brise, enfin il boitait sur la neige, avec la morsure typique du serpent au niveau de sa cheville gauche. Ce rêve reprenait clairement tout ce que je vous ai expliqué : la pièce et le blé pour notre futur prospère avec moi à sa tête, et le venin qui détériore le sang de notre puissant protecteur. Cette vision montre qu’il est temps de changer les choses avant que le venin ne paralyse notre avancée.